Quand la mode devient une affaire de classe qui défie les catégories sociales.
La créatrice Sakina M‘sa, anthropologue de la mode, est adepte de Jean Baudrillard. Elle a été lauréate d’une bourse de soutien à des entrepreneurs sociaux remise par PPR en juin 2010. Appliquant à l‘habillement la valeur de signe et la logique sociale, Sakina M’sa confirme le brouillage des codes et des catégories sociaux professionnelles dans son défilé de l’été 2011.
Structure et démesure
Les matières nobles et soyeuses sont associées à la gabardine de coton humble et rustique. Les lignes sobres et structurées s’opposent à la générosité des volumes. Ainsi, de l’usine au podium, le bleu de travail recyclé acquiert ses titres de noblesse en accompagnant un foisonnement de drapés, réalisé par la maison de couture d’insertion Trevo.
Les veste masculines épaulées, revival des eighties, sont portées sur des robes ou des jupes courtes féminines. Le style est au mélange des genres renforcé par des effets de plastrons et de nœuds papillons rouge écarlate. La gamme de couleurs se compose de teintes neutres et poudrés jusqu’au bleu vif ou rouge flamboyant.
Ne manquait finalement, que la traditionnelle robe de mariée, accompagnée d’un prétendant vêtu d’une salopette ou d’un bleu de travail.
Fuck et rock’n roll
Le défilé était orchestré par les P.O.U.F ! Petite Organisation Ultra Féminine, un groupe composée de femmes à l’image caricaturale et décalée. La blonde pas fufute, la punk déjantée et la brune au grand cœur. Pouf ! Pouf ! Pouf ! était l’intermède susurré entre deux chansons, sans jamais tomber dans la vulgarité.
Du bleu de travail au lifestyle





Magnifique collection et très beau défilé.