Dysfashional, le manifeste pour la mode à venir

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Exposition Dysfashional - Photo Hélène Denamps

Après une étape au Luxembourg en 2007, puis à Lausanne en 2008, l’exposition Dysfashionable, fait une halte au passage du Désir à Paris. Consacrée à la mode, Dysfashionable, n’expose ni vêtements, ni tendances, mais nous entraîne dans l’imaginaire de créateurs de mode. Ces créateurs de tous horizons ont été invités à présenter des projets, qui donnent de la mode une vision d’expérimentation. Comme l’indique Luca Marchetti, l’un des commissaires de l’exposition : « on voit de plus en plus souvent apparaître des cas d’hybridation, c’est-à-dire des créateurs de mode, qui développent non pas une réflexion artistique au travers du vêtement, mais une véritable recherche artistique parallèle ». C’est donc cette zone d’hybridation, entre art contemporain et mode, qui est mise en scène avec brio

Dans le titre, dys- indique un trouble à l’intérieur du système. Un état de résistance contre les définitions habituellement associées aux collections de vêtements et d’accessoires. Invariablement, la mode apparaît comme système de production d’objets commerciaux, images et produits statutaires. Naturellement, pour aller au-delà du vêtement, en recherchant l’expérience de l’autre et de l’ailleurs, l’ambition de l’exposition n’est pas de définir ce qu’est cette mode en devenir, mais de « mettre l’accent sur des phénomènes de mode particulièrement pertinents pour le panorama créatif actuel ». Une visite guidée de quelques unes des installations s’impose.

Pour donner le ton, dès l’entrée de l’exposition, une installation en verre gravé du collectif ITEM IDEM, met en scène de façon critique, les icônes de la mode au statut fortement médiatique: Karl Lagerfeld, John Galliano, Donatella Versace. Puis l’immersion dans l’exposition se fait par une installation de l’artiste norvégienne Sissel Tolaas intitulée « The in-between ». Deux bornes diffusent les essences olfactives des capitales Paris et Berlin (on sent surtout un petit courant d’air). L’artiste prône une confrontation au réel où l’odeur devient un moyen de communication « pour accéder au cœur du sensible ». Une opposition affichée à l’industrie de la parfumerie, connue pour mettre en avant des univers imaginaires.

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Babylone, 2009 de Justin Morin & Billie Mertens - Photo Hélène Denamps

 

 

Dans l’esprit chevelu et seventies, Justin Morin & Billie Mertens représentent Babylone sous forme de sculptures capillaires. Ces totems constitués de perruques colorées superposées, représenteraient selon les artistes, « le territoire de la représentation identitaire portée par la coiffure ».

 

 

 Maison Martin Margiela, (sans titre, culte de l’impersonnalité comme il se doit) reconstitue un appartement haussmannien entièrement blanc (couleur identitaire Margiela oblige). L’endroit peut être l’envers du décor. Le plafond tient lieu de plancher, (on pense à Viktor & Rolf – Up & down).

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Maison Martin Margiela - Photo Hélène Denamps

Les perspectives créent l’illusion d’un espace en quête d’une nouvelle structure. Les représentations des murs sont collés sur des panneaux qui se feuillètent comme les pages d’un grand livre. Des boulettes de papier obstruent les portes, la corbeille déborde. No future !

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Antonio Marras, Le Orfanelle, 2006 - Photo Hélène Denamps

 

Dans le prolongement du parcours, Antonio Marras, directeur artistique de Kenzo Femme, présente avec « Le Orfanelle » une installation chargée d’émotion. Les formes coniques sont réalisées à partir d’anciennes chemises de nuit en coton jauni montées sur des roues de bicyclette (Marcel Duchamp serait-il passé par là ?). Chaque cône diffuse une lumière douce, qui fait penser à l’éclairage d’une chandelle.

 

 

Plus ludique, avec airmail dresses, le créateur conceptuel Hussein Chalayan, représente des robes pliables prêtes à être postées. Le message est intimiste, puisqu’il porte l’empreinte de celle qui envoie le message (son écriture, son corps, son être). Dans le même genre épidermique, le créateur Gaspard Yurkievich & la designer Florence Dorleac présentent « Peau D’housse », une hybridation entre vêtement et mobilier. Cette peau d’housse enveloppe le corps comme une couverture maternelle aussi sensuelle, que régressive.

Quant au projet PARASITE, il s’agit d’un espace mixte entre la galerie et le store. Il met en avant la démarche d’artistes émergents, qui explorent les zones de frontières de la mode.

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Wallscapes Bless - Photo Hélène Denamps

Le labyrinthe de paysages muraux a été réalisé par le duo franco-allemand BLESS, connu pour manipuler les gènes des objets et des vêtements.

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Bless-Photo Hélène Denamps

 

Dans ce concept-store arty, nous retiendrons, les Ray Ban collector à monture dorée du collectif BLESS, sans verres mais à franges métalliques dont le prix n’est pas indiqué sur la liste. Ou encore la brosse-reliquaire à cheveux ondulants, un best seller créé en 1999, posée nonchalamment sur le rebord du miroir, comme une toile surréaliste. Sans oublier le magazine Freier, qui présente le plat du jour en papier découpé au beau milieu d’une « vraie» assiette…

 

Une édition parisienne Dysfashional à ne pas rater. La prochaine étape est organisée dans le cadre des célébrations du 20e anniversaire de la Chute du Mur de Berlin. L’exposition sera accueillie Haus der kulturen der Welt de Berlin en 2010.

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Exposition Dysfashional jusqu'au 29 novembre 2009

Dysfashionable

Du 29 octobre au 29 novembre 2009

Passage du Désir – 85-87 rue du faubourg Saint-Martin

75010 Paris

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Une réflexion au sujet de « Dysfashional, le manifeste pour la mode à venir »

  1. Bonjour!

    Nous vous invitons à un voyage au cœur de la création A Little Market du 19 Juillet au 10 octobre 2010. Grâce à votre passion pour la mode et à votre expertise, vous saurez indéniablement détecter les perles de demain, la « it collection » du moment… c’est en tous cas le défi que nous vous proposons en partenariat avec Puretrend et Wikio.

    Pour cela rendez vous sur ce lien: http://www.alittlemarket.com/concours.php

    A très vite, nous n’attendons plus que vous!

    Nina

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