Les vitrines de Selfridges vivent à l’heure de l’art contemporain.

Selfridge/Kyle Bean - Photo Hélène Denamps

La prédiction d’Andy Warhol , « Demain, les musées seront des boutiques et les boutiques seront des musées », se vérifie à nouveau dans l’actualité culturelle. Selfridges & Co, le grand magasin de luxe londonien a confié la mise en scène de cinq de ses vitrines de la face ouest, intitulée « Wonder room », au designer Kyle bean, du collectif d’artistes Blink Art« Matter cannot be created or destroyed, only transformed »

Déclinés à partir de l’idée de recyclage et de transformation, les installations font référence à différents imaginaires. Leur structure est celle des deux plateaux d’une balance.

 Les thèmes sont toujours inspirés de notre société de consommation. 

 La première vitrine illustre la vie professionnelle. Elle met en scène le carton d’emballage d’un siège de bureau et en parallèle, le siège monté en kit. Le siège à roulettes semble réalisé dans ce même carton d’emballage. La référence pourrait être IKEA.

Selfridge/Kyle Bean - Photo Hélène Denamps

La deuxième vitrine est très warholienne. D’un côté des cannettes de Coca-Cola et en contre-poids, une superbe compression carrée, inspiré par le sculpteur César.

Selfridge/Kyle Bean - Photo Hélène Denamps

La troisième vitrine est sans doute celle que je préfère pour son humour. Nous sommes placés devant une énorme pièce montée avec  une rose rouge à son sommet. Ce magnifique gâteau inspire la fête et l’hédonisme. Mais cet imaginaire sera rapidement « rationalisé » par une série de sachets contenant la farine, le sucre et tout les ingrédients nécessaires à la confection de cette gourmandise. La rose « pend » lamentablement sur le côté. 

Selfridge/Kyle Bean - Photo Hélène Denamps

La quatrième vitrine est un château de princesse, réalisé à partir de feuillets de livres anciens.

Selfridge/Kyle Bean - Photo Hélène Denamps

Enfin, la cinquième vitrine met en scène une moto, totalement démontée. Dans ce jeu de Mécano, chaque pièce est reliée à un filin fixé au plafond. Par un effet de perspective, la forme de la moto est reconstituée.

Oeuvre très originale, qui « recycle » l’installation  « Cosmic  Thing » de l’artiste plasticien Damián Ortega, présentée en 2003, à l’occasion de la 50e biennale de Venise. Ses sculptures sont généralement réalisées à partir de matériaux pauvres, qui évoquent un possible changement perpétuel….

« Matter cannot be created or destroyed, only transformed »…

Damián Ortega est une des figures de proue de la jeune génération artistique mexicaine. Il avait été révélé en présentant une « Coccinelle » (la légende dit, qu’il s’agissait de sa propre Volkswagen ), totalement démantelée et suspendue au plafond. Sa vision est de déconstruire avec ironie un objet de la société de consommation.

Damián Ortega fera l’objet d’un happening au « Barbican center », à Londres,  le mois prochain.

Pour rendre à César (non pas ses cannettes de Coca-Cola), mais la « vraie » source d’inspiration des installations présentées par Kyle Bean de Pink Art.

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