Maison Martin Margiela ‘20’- The exhibition

Maison Martin Margiela '20' The Exhibition - Photo Hélène Denamps

En octobre 2008, Maison Martin Margiela fêtait son vingtième anniversaire. A cette date, avait également eu lieu un défilé anniversaire, considéré, par la profession, comme l’épilogue de la carrière du créateur invisible. Les rumeurs allaient bon train et annonçaient son départ, confirmé par Enzo Rosso, actionnaire majoritaire de la Maison Martin Margiela et fondateur de Diesel.

Après le ModeMuseum d’Anvers (MoMu) et l’Haus der Kunst de Munich, c’est le Somerset House de Londres qui accueille la rétrospective de l’œuvre du designer belge. La scénographie met en scène les différents thèmes et concepts (parfois énigmatiques) de ce créateur radical. Maison Martin Margiela est particulièrement réputé pour son approche de déconstruction/reconstruction du vêtement et par l’utilisation de matériaux recyclés. Les coutures apparentes, les épaules étroites, les Tabi japonais et l’omniprésence du blanc décliné dans toutes les tonalités pour la décoration de ses bureaux, de ses magasins et de ses showrooms.

Codes Collections MMM - Photo Hélène Denamps

Pour le créateur, le coloris blanc représente « la force de la fragilité et la fragilité du temps qui passe ». Sa préférence s’oriente vers des tons mats, qui laissent apparaître plus facilement les stigmates du vieillissement provoqué par  l’histoire.

Stratégie de l’invisible ou de l’incognito appliqué au créateur et à son œuvre. Aucune photo répertoriée de Martin Margiela. Etiquette blanche sans logo fixée par quatre points de fil blanc, effet trompe-l’œil, numéros aléatoires désignant les collections. ‘0’ pour les femmes, ‘10’ pour les hommes, ‘11’ pour les accessoires, nouveau parfum ‘untitled’ constituent tout un ensemble de signes et de langage visuel spécifiques au créateur.

Trompe-l'oeil MMM - Photo Hélène Denamps

Au fil des vidéos, silhouettes, vitrines et dessins transparaît un imaginaire constamment réactualisé sous l’angle du paradoxe. Veste perruque esprit eighties, boléro en brides de sandales. Garde-robe inspirée de vêtements de poupées Barbie, ken ou G.I. Joe (avec reproduction en version XXXL de la plaque d’immatriculation militaire). Vêtements conçus comme de gigantesques cocons protecteurs, en taille 74, réalisées à partir d’un mannequin acheté aux puces, témoignent d’une créativité toujours à l’affût d’idées novatrices et insolites.

Martin Margiela est un créateur , dont la mode a souvent été décrite comme inclassable, et indéfinissable. Cette exposition, très didactique, permet de rétablir cette conclusion hâtive. Elle nous entraîne dans l’univers parfaitement balisé de cet artiste unique, qui vouait à la couture une véritable admiration.

Comme une forme d’art sublimée, la création de mode de Maison Martin Margiela apparaît comme un véritable sacerdoce, une forme d’art sublimé.

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