Les habits de l’Arte Povera ne font pas le moine

Jannis Kounellis, FIAC 2010 - Photo Hélène Denamps

Il suffit peut-être de visiter une exposition d’art contemporain pour prendre la température de la consommation d’habillement. En arpentant les allées de la FIAC, j’ai été frappée par les œuvres de deux artistes septuagénaires, Jannis Kounellis et Günther Uecker, dont les représentations du vêtement sont proches du sacrifice rituel. Aucun signe extérieur, qui puisse vraiment donner un quelconque espoir de reprise économique.

 Jannis Kounellis, né en 1936 en Grèce, est un artiste majeur de la scène artistique contemporaine et une figure emblématique de l’Arte Povera. Pour défier l’industrie culturelle et la société de consommation, ce mouvement prônait dans les années 60 le retour à l’essence du geste créateur, par l’utilisation de matériaux dits « pauvres ». L’une des installations exposées au salon est sans détour. Elle représente un pardessus d’homme crucifié.

 « Je n’ai recherché que des choses très belles.J’ai vu du sacré dans l’objet d’usage quotidien. »

Jannis Kounellis

La seconde œuvre met également en scène deux pardessus usagés, aplatis contre une plaque de métal et constellés de pierres grossièrement cousues avec du gros fil. Chemin de croix, lapidation ?

Jannis Kounellis, FIAC 2010 - Photo Hélène Denamps

Mythe de Sisyphe escaladant inlassablement une montagne, le poids de son rocher sur le dos ? L’interprétation reste énigmatique, mais confère au sacré.

Poésie de la destruction

Günther Uecker, FIAC 2010 - Photo Hélène Denamps

Quant à Günther Uecker, il doit sa célébrité aux clous, dont il a fait sa marque de fabrique. Il est l’un des artistes allemands majeurs reconnu mondialement. Malheureusement, ce qu’il fait doit faire mal. Les hommes sont suppliciés. La blessure est omniprésente. Les vêtements sont cloués avec violence et acharnement. A l’occasion de ses 75 ans, ARTE lui avait consacré une émission, qui s’intitulait « Poésie de la destruction ».  

Est-ce une résurrection ?

Ces représentations n’étaient que des cauchemars. Après deux années de repli de la consommation en 2008 et 2009, un début d’année 2010 particulièrement atone, les ventes d’habillement connaissent depuis le mois d’août dernier un regain de dynamisme. Pour le mois de septembre, l’IFM (Institut Français de la Mode) vient de confirmer une progression des ventes d’habillement et textiles de 2% en valeur par rapport à 2009. Les grands gagnants sont les grands magasins et les magasins populaires (Monoprix), qui enregistrent respectivement une hausse de leurs ventes de 11,2% et 7,1%. A noter, la progression du prêt-à-porter homme de 4,4%, supérieure à celle du prêt-à-porter femme (3,3%).

Une solution pour le denim

Même si le marché du jean en France se porte légèrement mieux que l’habillement, les ventes ont également marqué le pas de 1,5% du fait de la diminution du nombre d’acheteurs de 3% de source Kantar Wordpanel Fashion (une étude basée sur un panel de 10 000 individus de 15 ans et plus représentatifs de la population française). Selon les données consommateurs de l’IFM, la part des jeans dans les vêtements de dessus est grimpée entre 1999 et 2009 de 11,3% à 18, 4% en homme et de 4,9% à 10,9% en femme.

Néanmoins, peu de raisons de pavoiser car la progression de la consommation d’articles mode et textile n’aura augmenté globalement que de 0,1% sur les neuf premiers mois de l‘année comparée à 2009.

NB: Pour les solutions de recyclage de denim élimé, nos artistes font preuve d’une grande créativité.

FIAC 2010 - Photo Hélène Denamps

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